© Silène Audibert
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En cours

Résidence NSA 2019-2020
dialogue d'artistes
insa-lyon/chroniques-culturelles

Pour l’ouverture de son nouveau programme « Scène de recherche », le Service culturel de l’INSA Lyon invite en résidence deux artistes plasticiennes respectivement lyonnaise et toulousaine : Silène Audibert et Elodie Lefebvre. En collaboration avec Marie-Pierre Escudié, docteure en sciences humaines et sociales à l’INSA Lyon, elles explorent les liens Femmes / Nature.

Elles développent leurs recherches autour du conte la Llova, dite aussi la Ramasseuse. Ce conte, extrait du recueil Femmes qui courent avec les loups, de l’écrivaine et chercheuse mexicaine Clarissa Pinkola Estés, éclaire la connexion entre femme et loup dans leur nature sauvage particulière. Le conte évoque une vieille femme récoltant des éléments qui risquent d’être perdus à tout jamais par notre civilisation ; elle les rassemble pour les propulser à nouveau dans la vie.
Ce premier temps de résidence leur permet une réflexion sur leurs pratiques respectives, et d’engager un dialogue sous forme de productions, de pensées, d’écrits, de dessins, de volumes et d’installations. Il pourra faire l’objet d’une collection.

Se baisser, ramasser, réinsuffler de la vie à partir des ruines de ce monde.

Acte II
- L'Antre
Fouiller, entrer dans le creux, et faire émerger

Ce deuxième temps de résidence constitue une traversée des formes du pouvoir-du-dedans, inspiré par l’activiste et sorcière Starhawk. La réunion des trois femmes chercheuses sur la dimension archaïque du rapport femmes/nature commence du premier acte de revendication de la Femme sauvage, La Llova, incarnée dans des formes mémorielles, physiques, géologiques et biographiques. Cette recherche se prolonge par l’étude de ce qui est caché, tu, oublié des liens entre femme et nature dans la vie politique. L’acte II, Antre est le temps de l’exploration dans la grotte des louves, dans la cavité anatomique, afin de défaire les multiples recouvrements. Depuis l’en dessous, la terre, le bas et l’obscur, le travail introspectif fait surgir les racines de l’émotion et de la liberté.

Silène Audibert compulse des visions dans lesquelles les corps dessinent leurs contours du dedans au dehors. à partir du corps et de son enveloppe, ces feuilles forment une collection sur les sujets de l’intime que l’éco-féministe aborde dans les liens de nature et société en se rapprochant de ce qui fait
la vie, la jouissance, le sexe. C’est l’acte du dessin qui guide l’expérience du plaisir dans le désir de faire venir la forme.

Acte I - La Llova
L’exposition Acte I La Llova synthétise la première étape de recherche sur les connexions entre Femmes/Nature. Projet pluridisciplinaire entre art et sciences humaines et sociales, des réflexions communes et une mise en regard des pratiques ont commencé à partir des histoires réelles et imaginaires, singulières et collectives, qui honorent les cycles de la vie, les rituels, les savoirs traditionnels, les êtres humains et non humains. La démarche relationnelle mise en oeuvre favorise les connexions entre les artistes-chercheuses elles-mêmes, dans une forme expérimentale de sororité.
Les dessins de Silène Audibert illustrent le voyage mystique de l’esprit et du corps féminins. L’os, tel un costume porté dans cette traversée, pare le corps et fait apparaître la structure, élément imputrescible qui porte le germe d’une renaissance possible. Les sculptures d’Elodie Lefebvre présentent des formes originelles, d’où jaillissent une essence irréductible du féminin. Il émerge des oscillations temporelles et spatiales, au-delà des couches sédimentaires (et sociétales) dont ces formes s’extraient. Le texte de Marie-Pierre Escudié situe dans l’écoféminisme une prise en charge profonde des responsabilités écologiques et sociales, source d’un engagement politique et sensible renouvelé.